Contre la privatisation de l'incinérateur du SILA à Chavanod


02 Jul
02Jul

Le collectif "Les Annéciens" est très attaché au service public, d’autant que celui-ci est un maillon essentiel de la transition écologique.

Or, nous apprenons par voie de presse que le SILA a lancé une procédure d'appel d'offre en vue d'une exploitation privée de l'usine d'incinération des déchets de Chavanod.

Nous rappelons que cette usine a fait l'objet de lourds investissements ces dernières années, pour moderniser les installations (80 millions d'euros), financés par de l'argent public. Nous ne pouvons accepter que ces investissements servent dorénavant à enrichir un acteur privé.

Nous connaissons les difficultés de recrutement dans la fonction publique territoriale sur notre territoire et le sous-effectif constaté au SILA comme ailleurs. Les grilles indiciaires et les déroulés de carrières rendent ces postes peu attractifs, d’autant plus dans un bassin où le logement et la vie sont chers.

Cependant des solutions existent : requalification des postes, modification du régime indemnitaire, logements réservés à prix réduits... Il faut simplement avoir la volonté politique de trouver des solutions et d'engager un dialogue social respectueux avec les représentants des salariés et les organisations syndicales.

La privatisation de l'exploitation du site aura deux répercussions inacceptables pour "Les Annéciens":

- une compression des coûts par le nouvel exploitant qui, mis sous contrainte par la collectivité sur l'aspect "recettes" (fixées dans le contrat), aura à trouver des économies dans le process d'exploitation et notamment sur la masse salariale. Nous redoutons donc une détérioration des conditions de travail et une attention moins grande sur la qualité du process (notamment les émissions de fumées).

- une recherche de "produits à traiter", c'est-à-dire de déchets à incinérer pour rentabiliser les installations. Alors que par civisme les habitants du territoire trient leurs déchets plus que la moyenne nationale, cette politique de réduction des déchets survivra-t-elle à une logique de rentabilité économique ? Faudra-t-il importer des déchets (par camions ?) d'ailleurs ? Nous redoutons qu'un exploitant privé, pour rentrer dans les contraintes financières imposées par la collectivité et/ou par son actionnariat, ne tienne pas compte de la volonté citoyenne de réduction des déchets et de transition vers d'autres formes de traitements plus écologiques (méthanisation, tri...).

Pour toutes ces raisons, le traitement des déchets est une filière stratégique dans la transition écologique qui ne doit pas être, pour nous, confiée à un privé.

Nous demandons donc l'abandon de cette procédure d'appel d'offre, le maintien de cette activité au sein de la fonction publique territoriale et l'ouverture d'un véritable dialogue social pour trouver des solutions innovantes aux difficultés d'embauche.


Les élus du collectif Les Annéciens

Denis DUPERTHUY, Claire LEPAN et Antoine GRANGE

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