A chaque campagne, son film - par René Richoux (colistier)


27 May
27May

René Richoux est professeur retraité de cinéma-audiovisuel, membre actif d'associations d'action culturelle pour le cinéma

Entretien avec Antoine Grange, directeur de campagne de la liste "Les Annéciens" :


Antoine Grange - « Pourquoi t'être engagé avec notre liste ?

René Richoux - La confiance est essentielle. Confiance en toi. Confiance en Denis Duperthuy, qui trace sa vie politique, sa vie tout court, avec rectitude. Je sais sa constance pour avoir refusé les Jeux et le centre de Congrès, mais aussi pour être un juge exemplaire, un incollable de la vie communale. Confiance enfin dans le groupe que j'ai découvert autour de vous. Une association de citoyens de bonne volonté (bénévoles), sans partis mais pas sans conviction, sans titres politiques mais pas sans expérience, qui occupent l'espace politique en inventant un programme concret, loin des discours.

A.G. - Par exemple ?

R.R. - Mettre en première page le logement. En finir avec la bourse des promoteurs qui vendent de la valeur qui ne rend pas plus riches ceux qui acquièrent un logement pour l'habiter. Quand ils veulent le revendre pour acheter plus petit, comme toutes les familles, ils s'aperçoivent que ce n'est pas possible. Préserver la part du logement social dans chaque immeuble, et non pour un domaine entier, fabrique d'îlots d'inconfort et de ressentiment.

A.G. - Oui, oui, notre programme est détaillé.

R.R. - Un mot quand même de Central Parc. On arrête les avions de loisirs, on construit une cité administrative, 15 000 logements, un parc. On peut rejoindre à pied l'Ouest et l'Est, la frontière d'Epagny-Metz-Tessy et Chavoires, ça, c'est écologique ! Et c'est inventer les Annéciens de la commune nouvelle, trouver une unité et pas restaurer les anciens fiefs électoraux.

"Les Annéciens" sont aussi les seuls à donner au premier adjoint la charge de la démocratie locale. J'aime le modèle de la vie associative, quand elle dynamite les contraintes géographiques, sociales, institutionnelles. Et la vie politique quand elle ne diffuse pas la pensée magique du mérite individuel. La distance culturelle, sociale, géographique interdit la  démocratie. Essayons de briser la distance !

Et la culture ? Comment est-il encore possible que, pour la majorité de la population, entrer dans le théâtre de Bonlieu reste impossible : désorientation totale dans un lieu étranger, honte de ne pas en être digne, gêne de trahir sa famille et ses amis ? A Plan Large, une des associations (cinéma) dont je suis membre, nous tentons de faire participer des publics qui ne sont pas familiers du cinéma d'auteur. Personne ne devrait vivre près de chez soi en déplacé ! Je précise que mon vote n'engage pas Plan Large, je ne me suis jamais pris pour une institution, chacun vote selon ses convictions.

Alice et le maire, de Nicolas Pariser, avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi. DVD, BlueRay, M6video.Alice et le maire, de Nicolas Pariser, avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi.A.G. - Un film à voir ?

R.R. -  Pour la campagne ? Alice et le maire,  dont Plan Large a animé l'avant-première à la Turbine. Beaucoup y ont vu le récit de la fossilisation du socialisme municipal. Oui, mais le film est  mélancolique, plus émouvant que Baron noir par exemple. L'héroïne du film, c'est Alice, brillante jeune femme philosophe, embauchée un moment pour conseiller un maire, restaurer la pensée dans une institution stérile, soumise à l'ambition des notables, à la stupidité des consultants, à la fébrilité des communicants.

Ce film me montre que je suis engagé parce que je trouve que "Les Annéciens", sans frimer, pensent. » 


      

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