27 Jan
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C'était sans doute le seul point vraiment "politique" à l'ordre du jour de cette dernière séance du conseil municipal. Sous son apparence technique, il traite pourtant d'une question fondamentale dans la conduite de l'aménagement des villes. En désaccord avec la majorité, nous sommes donc intervenus.

Intervention d'Antoine Grange lors de la séance du conseil municipal du 25 janvier 2021

La majorité souhaite instaurer un périmètre de sursis à statuer sur le site des anciennes serres municipales d'Annecy. Ce lieu, comme montré sur les captures d'écran ci-dessous se trouve aux portes de l'ex-commune d'Annecy-le-Vieux.

Comme indiqué dans la délibération, "le site bénéficie de nombreux avantages comme, par exemple, celui d’être bordé par des axes de communication majeurs à l’échelle de l’agglomération : l’avenue de France (2 fois 2 voies), 2 lignes de bus RYTHMO 1 et 3, des voies cyclables. Plusieurs équipements et services sont présents à proximité du secteur d’étude (commerces, cabinets médicaux, gymnase, écoles, marché hebdomadaire…). Situé à 500 m du parc Charles Bosson, le site bénéficie également de la proximité d’espaces publics remarquables (rives du lac, promenade Docteur Paul Louis Servettaz, plages d’Albigny et d’Annecy…) qui offrent de beaux espaces de loisirs face au grand paysage constitué par le lac et ses massifs montagneux"

Il est évident que ce terrain revêt un intérêt stratégique tout particulier, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il s'agit du secteur où le prix du terrain est le plus élevé. Nous approuvons la nécessité d'instauration d'un périmètre de sursis à statuer qui permet de bloquer toute construction anarchique sur ces terrains qui sont déjà depuis cinq ans en "zone de constructibilité limitée" pour limiter toute intervention.  

Sauf que depuis cinq ans, rien ne s'est passé, aucun projet n'a été réfléchi.

Cet immobilisme pose deux problèmes majeurs : 

- un problème écologique, puisqu'il favorise mécaniquement l'expansion urbaine sur les terres agricoles fertiles et productives de la ceinture annécienne, entraînant leur disparition, favorise l'utilisation de la voiture, en plus de coûter cher à la collectivité (du fait des équipements et services publics supplémentaires).

- un problème social, car il empêche de favoriser la mixité de ces quartiers et relègue en périphérie les populations les plus modestes, qui pourtant sont celles qui travaillent en centre-ville.

Pour une fois, c'est un lieu idéal pour penser et densifier intelligemment la ville ! 

Il serait pertinent sur ce type d’espace de produire du logement mixte, avec des dispositifs innovants en BRS (permettant de faire supporter le coût du foncier par la collectivité et proposer des logements à des prix défiant toute concurrence aux ménages qui n'arrivent plus à se loger à Annecy). 

Il est pertinent d'investir ces espaces pour deux raisons :

- pour défendre une volonté de rationalisation des investissements pour la collectivité, car les équipements sont déjà préexistants

- pour défendre une vision écologique car il permet de construire en centre-ville des logements de qualité, en concertation avec le voisinage pour pallier l’étalement urbain qui continue de détruire nos terrains naturels et agricoles comme dans la zone de la pilleuse à Seynod, méthode que nous combattons depuis longtemps.

C'est pour ces raisons que nous avons proposé au conseil municipal de réduire la durée du sursis à statuer sur le périmètre en le passant de dix à trois ans ce qui correspond à la fin du bail non-renouvelable du maraîcher qui est installé. Risquer dix ans d’immobilisme pour penser un projet d’aménagement alors qu'il y a urgence écologique et sociale nous semble bien trop long. Ce site mérite un aménagement exemplaire, à la pointe de l'innovation et de l'urbanisme durable. Notre proposition d'amendement n'ayant pas été retenue, nous avons donc voté contre cette délibération.

Les élus du collectif "Les Annéciens"

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