Transports en commun : investir vite, et bien !


09 May
09May

La crise sanitaire a touché de plein fouet nos régies de transports publics. Antoine Grange, élu du groupe Les Annéciens, était présent au dernier conseil d’administration de la Sibra le 27 avril dernier, à l’occasion duquel a été présenté le bilan d’activité de l’année 2020. 

Le constat est lourd

  • un recul de 46 % du nombre de voyages effectués (qui sont passés de 18 millions en 2019 à 10 millions en 2020) 
  • une diminution de 30 % des recettes commerciales (qui étaient de l’ordre de 6,9 millions d’euros en 2019 contre seulement 4,8 millions d’euros en 2020). 

Ces deux chiffres illustrent bien l’année difficile que vient de traverser la Sibra, la société de transports publics de l’agglomération annécienne. Ils s’expliquent par trois facteurs :

  • la mise en place du télétravail
  • les différents confinements et couvre-feux
  • l’appréhension vis-à-vis des transports en commun, dans lesquelles la proximité est inévitable.

Les tendances de cette baisse de la fréquentation sont inquiétantes. D’abord parce que jusque-là était observée une dynamique positive. Depuis le choc de l’offre opéré en 2019 avec la mise en place des deux lignes Rythmo, les chiffres ne faisaient que progresser. Là, la rupture est nette. Ensuite parce que les personnes qui ont déserté les bus en ont largement profité pour reprendre leurs voitures individuelles. Même si quelques-unes se sont mises au vélo, en termes de report modal, nous sommes revenus 10 ans en arrière. Le bus n’attire plus aujourd’hui que les captifs, soit ceux qui n’ont pas d’autre moyen de se déplacer, soit essentiellement les seniors et les jeunes.

Comment réagir ? 

Certains prônent la rigueur budgétaire pour maintenir les comptes à l’équilibre, empêchant ainsi de retrouver une compétitivité du réseau de transport au commun comparativement au véhicule individuel. Au contraire, nous pensons que notre devoir est de retenir les leçons de cette crise sanitaire en nous dotant des moyens nécessaires à une véritable révolution dans nos mobilités, rendant le bus attractif, afin de répondre à la crise économique, sociale et climatique. 

C'est d'ailleurs le choix fait cette année à l'agglomération puisque le Grand Annecy a validé un budget (proposé par Denis Duperthuy) qui prévoit de maintenir et même d'augmenter les moyens donnés à la SIBRA (en acceptant de s'endetter) pour soutenir notre opérateur de transports en commun.

Pour cela une seule solution existe : investir. 

Mais investir comment ? Alors que l’argent public se fait de plus en plus rare et que les finances des collectivités sont et seront encore mises à mal par les conséquences de la crise sanitaire, nous avons une vision claire, réaliste et pragmatique que nous défendons de longue date :

  • à court terme : améliorer la fréquence des dessertes du réseau actuel, la transformation de la ligne n°3 en ligne “Rythmo”, la conversion de voiries automobiles en sites propres pour la circulation des bus.
  • à long terme : la création de deux lignes à haut niveau de service qui seront structurantes pour Annecy et son agglomération : d’Est en Ouest par un tramway (Seynod/Annecy-le-Vieux-Pringy) et du Nord au Sud (Grand Epagny/Duingt) par un bus à haut niveau de service en site propre. 

C’est la raison pour laquelle les élus du groupe “Les Annéciens” ont voté contre l’instauration d’une “expérimentation” de la mise en gratuité des lignes de plages (voir la vidéo ci-dessous). Les investissements que nos collectivités réalisent doivent être pérennes et pour répondre à des problématiques structurantes du quotidien des Grand-Annéciens, car là est l’urgence ! Non au gâchis d’argent public, oui aux investissements durables et réfléchis !

C’est la raison pour laquelle Denis Duperthuy, vice-président aux finances du Grand Annecy, tout comme Antoine Grange et Claire Lepan (également en tant que candidate aux élections départementales) défendent et défendront toujours un réseau de tramway lorsque celui ci est pertinent, en milieu urbain dense, et un réseau de bus performant dans des zones moins denses (comme sur la rive Ouest), afin de résoudre sur le long terme les problématiques de mobilités sur notre territoire. Voici un projet que nous pourrions promettre aux habitants, sans démagogie, en prenant en compte la réalité des contraintes de nos institutions et des finances locales. Ceux qui promettent la Lune n’attiseront que déception et colère, nous préférons porter l’espoir avec lucidité !

Les élus du groupe "Les Annéciens"

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