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20 Mar
20Mar

En février 2026, The Shift Project a publié les résultats de sa Grande Consultation des Maires et des élus municipaux, une enquête inédite menée auprès de 3 000 élus, dont 1 000 maires, répartis sur l’ensemble du territoire français. L’objectif ? Comprendre comment les élus locaux perçoivent et agissent face à la transition écologique et énergétique, à quelques mois des élections municipales de 2026. Voici les enseignements clés de ce rapport, qui dessine un paysage à la fois encourageant et complexe.

1. Un engagement massif, mais des freins opérationnels

L’écologie, une priorité transpartisane

Contrairement aux idées reçues, la transition écologique n’est plus un sujet clivant : elle est désormais une préoccupation centrale pour la grande majorité des élus locaux, quels que soient leur bord politique ou la taille de leur commune. Selon l’enquête, 90 % des maires interrogés déclarent avoir doublé leurs efforts pour faire face au réchauffement climatique depuis le début de leur mandat. Un chiffre qui montre une prise de conscience généralisée, y compris chez les élus de droite, souvent perçus comme moins engagés sur ces questions.

  • Des freins concrets, pas idéologiques
    Pourtant, malgré cette volonté, les élus font face à des obstacles majeurs :
  • Manque de moyens : Les communes, surtout rurales, dénoncent un manque criant de ressources financières, humaines et techniques pour mettre en œuvre des actions concrètes.
  • Besoin de formation et d’ingénierie : Beaucoup d’élus réclament des outils adaptés, des formations et un accompagnement technique pour traduire leurs ambitions en projets opérationnels.
  • Stabilité et lisibilité : Les changements fréquents de réglementations et de politiques publiques rendent difficile la planification à long terme, essentielle pour des projets de transition.

2. Un décalage entre perception et réalité

Les élus sous-estiment-ils leur impact ?

Seulement 35 % des élus estiment que leur action en faveur de la transition est jugée adaptée par la population. Pourtant, une étude Odoxa de septembre 2025 révèle que 77 % des Français pensent que leur maire n’en fait pas assez pour lutter contre le dérèglement climatique. Ce décalage souligne une méconnaissance mutuelle entre élus et citoyens, mais aussi un besoin de meilleure communication sur les actions engagées.

Des attentes fortes, mais des réalités locales variées

Les élus des territoires urbains, périurbains et littoraux se montrent plus ambitieux dans la mise en œuvre de leviers de transition que ceux des zones rurales. Les présidents d’intercommunalité, en particulier, expriment un besoin accru de « portage politique » de la part des associations d’élus, pour légitimer et accélérer leurs actions.

3. Quels leviers pour accélérer la transition ?

S’appuyer sur les acteurs locaux

Les élus identifient plusieurs partenaires clés pour relayer leurs actions auprès de la population :

  • Les associations environnementales : Perçues comme des alliés naturels pour sensibiliser et mobiliser les citoyens.
  • Les entreprises : Leur implication est jugée cruciale, notamment pour financer ou co-construire des projets locaux.
  • Les artistes et la culture : Un levier original, mais de plus en plus cité pour toucher le grand public et rendre la transition désirable.

Des besoins différenciés selon les territoires

  • Villes et métropoles : Besoin de coordination entre acteurs et de solutions innovantes (mobilité, rénovation énergétique, etc.).
  • Zones rurales : Priorité à l’autonomie énergétique, à la préservation des ressources locales et à l’adaptation aux changements climatiques (sécheresses, inondations).

4. Vers une transition « par le bas » ?

L’importance des ressources locales

Le rapport insiste sur la nécessité de planifier la décarbonation par les ressources locales : circuits courts, énergies renouvelables, sobriété énergétique, etc. Les élus soulignent que les solutions doivent être adaptées aux spécificités de chaque territoire, plutôt que d’être imposées de manière uniforme depuis l’échelon national.

Un appel à l’État et aux collectivités
Pour réussir, la transition écologique doit être :

  • Co-construite : Impliquer élus, citoyens et acteurs économiques dans la définition des politiques.
  • Stable : Offrir un cadre réglementaire et financier pérenne pour rassurer les élus et les investisseurs.
  • Visible : Mieux communiquer sur les actions menées pour réduire le sentiment d’inaction.

Conclusion : une dynamique à amplifier

La Grande Consultation du Shift Project révèle une bonne nouvelle : la transition écologique est désormais une priorité pour les élus locaux, au-delà des clivages politiques. Cependant, le vrai défi reste opérationnel : donner aux maires et à leurs équipes les moyens de passer de l’intention à l’action.

Pour les citoyens, ce rapport est un appel à :

  • S’informer sur les actions menées localement.
  • S’engager aux côtés des élus et des associations.
  • Exiger plus de transparence et de participation dans la définition des projets.

La transition écologique se jouera aussi, et surtout, dans les communes. À nous d’en faire une réussite collective.

Le mouvement Les Annéciens

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